Révision de l'huile de poisson avec EE versus une huile de poisson avec TG (enquête de la science moderne sur l'oméga-3)

Récemment, deux essais cliniques ont réglé le débat sur la forme d'huile de poisson la plus biodisponible pour les humains, entre la forme d'esters d'éthyle (EE) et la forme de triglycérides (TG). Une étude parmi d'autres a été instrumentale pour établir cette distinction. Le principal enquêteur de cette étude était Dr John Dyerberg, considéré comme le "père" de la science sur les acides gras oméga-3; il était le premier à effectuer des études sur les Inuits il y a de nombreuses années, propulsant les gras oméga-3 vers leur renommée actuelle. L'étude récente de Dyerberg et al., 2010¹visait à démontrer les différences dans les taux d'absorption d'EPA et de DHA plasmatiques suite à l'ingestion soit d'huile de poisson avec EE ou d'huile de poisson avec TG. Soixante-douze volontaires ont été divisés en 6 groupes, dont 4 étaient à double insu et 2 étaient avec EE et avec TG respectivement. Chaque groupe a reçu approximativement la même quantité d'huile de poisson de 3,1 à 3,6 grammes pour ensuite être comparé à un groupe placebo recevant de l'huile de maïs. Les taux plasmatiques de base d'EPA et de DHA ont été mesurés dans les esters de cholestérol (CE), les phospholipides (PL) et les triglycérides (TG), puis une autre fois à la fin de la période de deux semaines. Les résultats ont révélé que le groupe prenant l'huile de poisson sous forme d'EE avait la plus faible augmentation d'EPA et de DHA. Lorsque le dosage était ajusté, les résultats étaient de 76% et de 134% pour les groupes EE et TG respectivement.

Dans une autre étude récente menée par Neubronner et al., 2010², une comparaison similaire a été faite en utilisant un modèle d'étude différent. Cette étude aléatoire comparative avec placebo à double insu portait sur 150 sujets répartis en trois groupes: deux groupes d'huiles de poisson versus un groupe placebo. Les deux groupes avec huile de poisson (EE et TG) avaient exactement la même quantité d'EPA et de DHA combinés par capsule, avec une dose quotidienne totale de 1,68 g. Les deux groupes avec huile de poisson ont été comparés au groupe placebo avec huile de maïs, pendant une période de 6 mois. La méthode d'évaluation utilisée était l'index oméga-3, une méthode unique de biodisponibilité qui mesure l'EPA et de DHA en pourcentage des lipides totaux dans les membranes d'érythrocytes. Par rapport aux taux plasmatiques mesurés dans l'étude de Dyerberg et al., cette méthode est encore plus précise, car elle mesure les taux d'EPA et de DHA au niveau des tissus. Les auteurs de cette recherche ont choisi l'index oméga-3, car il peut mieux évaluer la saturation des tissus en oméga-3 et peut corréler à des tissus d'organes spécifiques tels que les tissus du cœur qui sont une bonne représentation des taux d'EPA et de DHA dans le corps. Les résultats de cette étude ont donc révélé une incorporation considérablement plus grande d'EPA+DHA dans les membranes d'érythrocytes via les TG par rapport aux EE, et ce, de l'ordre de plus de 25 pour cent.

Par conséquent, dans les deux études susmentionnées, la biodisponibilité totale des acides gras oméga-3 avec quantités égales d'EPA+DHA sous forme de TG était beaucoup plus élevée qu'avec les EE. Puisque la biodisponibilité est essentielle pour atteindre les meilleurs résultats cliniques possible, il irait de soi que les huiles de poisson sous forme de TG devraient être le premier choix des praticiens.

Références:

1.       J Dyerberg , P Madsen , JM Moller ,I Aardestrup ,EB Schmidt. Bioavailability of marine n-3 fatty acid formations. Prostaglandins Leutkot. Essent. Fatty Acids 83 (2010),137-141.

2.       J Neubronner , JP Schuchardt, G Kressel, M Merkel, C von Schacky and A Hahn. Enhanced increase of omega-3 index in response to long term n-3 fatty acid supplementation from triacylglycerides versus ethyl esters. Eur. J. of Clin. Nutr.(2010),1-8